Élections 2008 : Quelle est la position des candidats sur la conservation des milieux sauvages?
23 septembre 2008L’environnement est un enjeu prioritaire. Protéger les milieux sauvages de notre pays est un des gestes les plus importants que le gouvernement peut poser pour sauvegarder la biodiversité et protéger la planète des effets du réchauffement climatique.
À l’heure actuelle, moins de 1 % de l’eau et moins de 10 % des terres du Canada sont protégées contre le développement industriel. C’est loin d’être suffisant!
Si l’environnement est un sujet qui vous préoccupe, questionnez vos candidats :
Vous engagerez-vous à protéger davantage de milieux sauvages canadiens?
Poserez-vous des gestes concrets pour :
- Protégerez-vous au moins la moitié des terres publiques, des milieux marins et des étendues d’eau douce du Canada?
- Préserverez-vous notre forêt boréale?
- Sauverez-vous nos océans et nos grands lacs d’eau douce?
Le gouvernement fédéral peut devenir un chef de file mondial en matière de conservation des milieux sauvages en appuyant l’idée de protéger au moins la moitié des milieux sauvages du pays.
Le gouvernement fédéral peut se fixer l’objectif de protéger au moins la moitié de notre territoire public terrestre, marin et d’eau douce. Il peut collaborer avec d’autres paliers de gouvernement pour y arriver.
Un nombre croissant d’organismes, d’entreprises et de citoyens croient qu’il est nécessaire de protéger au moins la moitié des milieux sauvages du pays. Plus de 1 500 scientifiques de partout dans le monde demandent fortement au Canada de protéger au moins la moitié de sa forêt boréale. L’Ontario s’est engagée à protéger au moins la moitié de la forêt boréale du nord de la province, en raison de son rôle important en ce qui a trait aux changements climatiques.
Une invitation au public à appuyer le mouvement Horizons sauvages pour protéger au moins la moitié des milieux sauvages canadiens a été lancée sur le site www.horizonssauvages.org, qui a été mis sur pied en mai 2008 par la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) et la coopérative de plein air Mountain Equipment Co-op. Plus de 10 000 personnes ont déjà exprimé leur soutien au projet. Les gouvernements doivent se joindre à elles.
Question :
- Appuyez-vous l’idée de protéger au moins la moitié de l’eau et des terres publiques du Canada?
Protéger les espèces en voie de disparition de la forêt boréale
Le caribou des bois se trouve dans la liste des espèces « en péril » de la forêt boréale canadienne selon la Loi sur les espèces en péril. En protégeant leur habitat, nous sauverions au moins la moitié de la plus grande forêt de la planète et l’un des plus importants réservoirs de carbone du monde.
Le gouvernement fédéral a la responsabilité de mettre au point une stratégie pour protéger les sections irremplaçables de la forêt boréale où les caribous des bois vivent encore. En fait, selon les exigences de la Loi sur les espèces en péril, le dépôt d’un plan de rétablissement pour le caribou des bois est arrivé à échéance depuis longtemps. Le gouvernement fédéral a rédigé un plan d’action. Il est temps de le soumettre à un examen public.
Question :
- Vous engagerez-vous à protéger l’habitat du caribou des bois comme l’exige la Loi sur les espèces en péril?
Protéger le carbone emmagasiné dans les forêts canadiennes
Une grande quantité de carbone est emmagasiné dans les forêts et les sols marécageux canadiens. La protection de ces zones nous permet de garder le carbone séquestré dans le sol. Couper et brûler ces forêts pour produire de la « bioénergie » libèrent dans l’atmosphère le carbone emmagasiné, ce qui contribue au réchauffement de la planète.
La protection de nos forêts aide grandement à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans notre environnement.
Le gouvernement fédéral peut faire sa part en refusant les projets d’envergure de bioénergie dans nos forêts. Il peut aussi engager le pays dans la comptabilisation des émissions des activités industrielles dans les forêts et les sols marécageux, comme l’exigent les nouvelles règles du protocole de Kyoto.
Questions :
- Vous engagerez-vous à agir pour protéger les milieux sauvages dans le cadre de la stratégie sur le changement climatique du Canada? Refuserez-vous les pratiques de coupe forestière à des fins de production d’énergie?
- En tant que gouvernement, prendrez-vous la responsabilité que notre pays a, sur la scène internationale, quant aux émissions émanant de la destruction de nos forêts?
Relancer la création de parcs nationaux
Les parcs nationaux canadiens protègent certains de nos plus spectaculaires milieux sauvages. Le gouvernement fédéral a identifié des emplacements privilégiés pour établir de nouveaux parcs nationaux partout au pays, mais aujourd’hui – des décennies plus tard –, bon nombre de ces emplacements ne sont toujours pas protégés.
Il est temps de relancer la création de parcs nationaux. Le gouvernement fédéral peut finaliser immédiatement les limites agrandies de la réserve de parc national Nahanni – un site du patrimoine mondial menacé – pour en protéger tout le bassin versant.
Questions :
- La création de nouveaux parcs nationaux sera-t-elle une priorité pour vous?
- Finaliserez-vous l’agrandissement de la réserve de parc national Nahanni?
Créer un réseau d’aires marines de conservation
Le Canada possède un riche patrimoine marin sur les côtes atlantique, pacifique et arctique. La surpêche et la pêche destructive comme le chalutage menacent nos richesses naturelles, dont les fragiles coraux vivant dans nos fonds marins.
Le gouvernement fédéral a de puissants outils juridiques pour créer des aires marines protégées (AMP). En vertu de la Convention sur la diversité biologique, le Canada s’est engagé à établir un réseau d’AMP pour 2012. Depuis qu’il a pris cet engagement, seulement sept AMP ont été créées. Le gouvernement fédéral a besoin d’un plan d’action accéléré pour mettre en place un réseau complet d’AMP.
Certains emplacements sont parfaits pour y établir des aires marines de conservation, mais peu d’actions ont été entreprises jusqu’ici. Ces emplacements comprennent la côte sud-ouest de Terre-Neuve, les eaux de Gwaii Haanas au large de la Colombie-Britannique, la partie nord du lac Supérieur, les Iles-de-la-Madeleine et la partie sud du détroit de Georgie.
Question :
- Comptez-vous accélérer le processus de mise en place d’un réseau d’aires marines protégées?
Le Nord
Le Nord du Canada possède quelques-uns des plus grands milieux sauvages du monde. Cependant, c’est la région qui sera la plus touchée par le réchauffement climatique. Ce phénomène lui impose déjà des contraintes considérables ainsi qu’aux espèces indigènes qui y ont survécu pendant des millénaires. De plus, les pressions exercées en faveur du lancement de nouveaux mégaprojets industriels, comme le projet gazier Mackenzie, augmentent.
Dans les Territoires du Nord-Ouest, le gouvernement fédéral a une occasion en or de travailler avec les communautés autochtones locales pour protéger de grands milieux sauvages avant que les projets industriels ne soient autorisés. Face aux changements climatiques, ces milieux sauvages sont essentiels à la survie de la faune et des êtres humains qui y sont établis.
Question :
- Collaborerez-vous avec des organismes des Territoires du Nord-Ouest pour mettre en application un plan d’utilisation des terres comprenant des aires protégées avant d’autoriser le lancement de développements industriels majeurs comme le projet gazier Mackenzie?
-30-
Ce document a été rédigé par la SNAP, la voix canadienne des milieux sauvages
506-250, avenue City Centre
Ottawa, Ontario
K1R 6K7
www.cpaws.org/snap/
Nous vous encourageons à faire circuler ces renseignements.
