Protéger la forêt boréale pour combattre les changements climatiques
15 juillet 2008l'Ontario en tête, le Québec pourra-t-il s'en inspirer ?
Montréal - La Société pour la nature et les parcs du Canada, section Québec (SNAP Québec) se réjouit de la récente annonce du gouvernement de l’Ontario, qui propose de protéger plus de la moitié de la forêt boréale du nord ontarien d’ici 10 à 15 ans. Il s’agit d’un plan de conservation monumental, de loin le plus ambitieux au pays et qui couvrirait un territoire 225 000km2 – soit environ deux fois la superficie de l’Angleterre. La SNAP Québec espère que cette annonce inspirera le gouvernement québécois à aller de l’avant dans son questionnement sur la deuxième phase de la stratégie sur les aires protégées. En cette période charnière en matière de conservation, le Québec peut choisir son avenir en étant l’un des leaders actifs à l’échelle planétaire ou en restant passif face à la crise de la biodiversité et les changements climatiques.
Une réponse aux changements climatiques
Avec cette annonce, le gouvernement ontarien reconnaît l’importance vitale de la forêt boréale canadienne. En effet, cette dernière représente l’un des plus grands écosystèmes intacts du monde. C’est aussi le plus grand réservoir de carbone terrestre du globe, emmagasinant 186 milliards de tonnes de carbone dans ses sols et sa végétation, soit l’équivalent de 27 années d’émissions de combustibles fossiles de la planète entière. « Nous avons une énorme responsabilité de conservation en tant que gardiens du plus grand réservoir de carbone terrestre du monde. Cela en plus du fait que la forêt boréale abrite une biodiversité importante, y compris des espèces menacées et vulnérables, telles que le caribou forestier», souligne Marie-Ève Marchand, directrice générale de la SNAP Québec.
Pressions internationales sur Ottawa, mais aussi sur Québec
C’est pour ces raisons et plusieurs autres que plus de 1500 scientifiques de 50 pays demandaient, l’an dernier, aux gouvernements du Canada et des provinces d’assurer la protection de 50% de la forêt boréale canadienne. L’Ontario devient donc la première province à répondre à l’appel de la communauté scientifique internationale.
La forêt boréale québécoise couvre près de 70% du territoire forestier de la province, soit environ 550 000km2. Toutefois, avec à peine 6% de l’ensemble de son territoire protégé (et l’objectif d’en protéger 8%), le Québec pourrait bientôt voir sa frontière avec l’Ontario devenir une démarcation entre deux visions de conservation bien différentes. « Nous n’avons aucun doute que le Québec puisse se doter d’une vision aussi ambitieuse que celle de l’Ontario, et espérons que le gouvernement Charest enclenche rapidement un tel processus. Il ne faut pas que le Québec devienne un frein pour ce nouveau chapitre de la conservation en forêt boréale», ajoute Marie-Ève Marchand.
Le mouvement Horizons sauvages a été mis sur pied en 2008 par la SNAP et
par Mountain Equipment Co-op. L'initiative permet aux gens d'appuyer une grande
vision, soit qu'au moins la moitié de l'eau et des terres publiques du Canada
reste à jamais sauvage.
Faites-vous entendres sur la site www.horizonssauvages.org.
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Pour information :
Sophie Paradis
Coordonnatrice des communications
SNAP Québec
514 278-7627 poste 221