Bilan de la protection de notre patrimoine naturel: les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux méritent des félicitations
17 juillet 2008Ottawa -- Publié en cette Journée des parcs du Canada, le bilan de la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP) sur l’état de la protection de notre patrimoine naturel montre des signes encourageants. En effet, les divers niveaux de gouvernements canadiens se méritent des félicitations de la part de la SNAP quant à la progression du pays pour la conservation de plusieurs parcs et zones sauvages.
Cependant, la SNAP met en garde les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux quant aux pressions, entre autres, de l’industrie minière et forestière qui exploitent les ressources naturelles de plusieurs secteurs en attente d’une protection légale.
De nouveaux parcs tant sur terre et sur mer
En avril 2008, le gouvernement fédéral a promis un nouveau parc national pour protéger les eaux supérieures de la rivière Nahanni Sud, une zone essentielle pour la survie des caribous des bois et du grizzli dans cette région des Territoires du Nord-Ouest. De plus, en août dernier, Ottawa s'est engagé à procéder à un agrandissement important de l'actuelle réserve de parc national Nahanni, territoire décerné patrimoine mondial de l'UNESCO en 1978.
Au total, le gouvernement a permis la protection de près de 140000 km² de terres publiques dans les Territoires du Nord-Ouest sur une base intérimaire au cours de la dernière année, tandis que des plans ont été mis en place pour la création de nouveaux ou l’agrandissement de parcs.
Des grands progrès ont été accomplis pour protéger des étendues d’eau douce et marines.
En octobre, le gouvernement fédéral et celui de l’Ontario se sont entendus sur la création de la plus grande zone protégée d'eau douce dans le monde en déclarant aire marine nationale de conservation la région du lac Supérieur.
De plus, une nouvelle aire de marine de conservation a été annoncée en avril et a garanti la protection du mont sous-marin Bowie, situé dans les eaux côtières de la Colombie-Britannique. Il aura fallu dix ans au gouvernement canadien et à la nation Haïda pour élaborer le plan de protection de cet oasis océanique en eau profonde, un site marin unique qui se distingue par sa grande richesse écologique.
Parmi les réalisations d’autres provinces, les gouvernements néo-écossais et québécois se sont engagés à atteindre certains objectifs d’aires protégées sur leur territoire, soit 12% et 8% respectivement. La rivière Dumoine, l’un des derniers cours d’eau sans barrage au sud du Québec, a, quant à elle, été protégée de près de 1500 km2.
Le Manitoba a quant à lui entamé la protection d’un rare lac de calcaire dont l’une des particularités est de changer de couleur lorsque la température augmente (elle passe de la couleur turquoise à un bleu laiteux).
L’industrie menace encore nos parcs nationaux
En dépit de plusieurs grandes réalisations, le bilan de la SNAP met en garde tous les niveaux de gouvernements canadiens contre les pressions du développement industriel sur la nature et les parcs du pays.
Par exemple, le parc Algonquin, un joyau de l'Ontario, a encore sur son territoire 5000 km de chemins forestiers. Ce véritable réseau routier en milieu naturel est plus vaste que la ville de Toronto elle-même et la province n’a toujours pas tenu ses promesses d’y réduire l’exploitation forestière.
Au Québec, une partie du territoire du parc du Mont Orford a été retirée du parc en 2006 pour être vendu à une entreprise privée de développement mobilier. Bien que la province ait annulé la vente par la suite, les terrains n'ont pas toujours pas été restitués au parc pour enfin être protéger. Cependant, suivant leur promesse de doubler la superficie du parc, un premier 55 km2 de terre privé a été acheté ce printemps pour fin d’agrandissement.
Une autre préoccupation soulevée dans le bilan de la SNAP est l’immobilisme du gouvernement canadien à procéder à la conservation de ses zones côtières. Ottawa a promis un réseau d'aires marines nationales de conservation sur ses trois côtes et des Grands Lacs d'ici 2012 et si le rythme n’est pas accéléré, le gouvernement aura du mal à honorer cet engagement.
«Le Canada est béni des dieux avec son littoral qui est le plus long sur la planète et parce qu’il détient 20% des ressources mondiales en eau douce», explique Sabine Jessen, directrice du programme marin de la SNAP. « Jusqu'à présent, nous avons seulement réussi à protéger une petite portion de ce patrimoine inestimable, soit moins d’un 1 %. Nous devons faire mieux ».
Des écosystèmes rares à risque, y compris notre «parc jurassique»
La SNAP est grandement préoccupée par l’absence de protection de nombre de nos milieux sauvages et qui, chaque jour, subissent des dommages irréversibles.
Par exemple, de rares monticules d’éponges de verre datant de la période jurassique se retrouvent sur les récifs spongieux des eaux côtières de la Colombie-Britannique.
Cependant, les filets de pêche des chalutiers ont détruit de nombreuses sections des récifs, nous privant ainsi de reliques spectaculaires et irremplaçables.
Dans l'Okanagan, un exceptionnel écosystème désertique peuplé de cactus et d'armoise vit sous la menace constante du développement industriel et de l'agriculture.
«Des richesses sauvages telles que les éponges de verre d’Hectate qui couvrent les récifs et la vallée de l'Okanagan peuvent tout simplement pas attendre», explique Anne Levesque, directeur exécutif national de la SNAP. «Ce sont des lieux tels qu'ils méritent d'être protégés - avant qu'ils ne dispaissent à jamais.»
Le Canada a la possibilité d'être un leader mondial
Moins de 10% du paysage canadien et moins de 1% de nos eaux sont protégés du développement industriel, que ce soit sous la forme de parcs nationaux ou d’autres modèles de zones de conservation.
« Près de 20% de la nature sauvage mondiale se situent à l’intérieur des frontières canadiennes. Nous avons devant nous la plus grande occasion, à l’échelle planétaire, de protéger nos écosystèmes intacts », précise Anne Lévesque, directrice générale de la SNAP au Canada.
«La Journée des parcs du Canada nous permet de célébrer notre fierté de nos richesses naturelles et de s'engager à faire en sorte qu'elles seront toujours là pour les générations à venir», ajoute la directrice générale de la SNAP.
Dans chaque province et territoire, la SNAP collabore avec d'autres organisations, les Premières Nations et les divers niveaux gouvernementaux à créer davantage d'aires protégées afin de conserver notre extraordinaire patrimoine naturel.
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Pour information:
Ellen Adelberg
Directrice des communications
SNAP/CPAWS national
Tél : 613 560-7226 poste 234
Sophie Paradis
Coordonnatrice des communications
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