Refonte du régime forestier : dérapage environnemental à l'horizon

23 juin 2008

Montréal - La Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP- Québec) est plus qu’insatisfaite du document de travail présenté par le gouvernement québécois concernant la refonte du régime forestier et déposé en douce à l’Assemblée nationale jeudi dernier. Intitulé L’occupation du territoire forestier québécois et la constitution des sociétés d’aménagement des forêts, le document de travail se veut, selon Québec, le reflet du positionnement de son gouvernement à la suite des consultations publiques sur le Livre vert, publié en février dernier. La SNAP-Québec constate avec déception que le point de vue des groupes environnementaux n’a pas été pris en compte et demande à Québec de refaire ses devoirs.

Préoccupations environnementales écartées

Les propositions et inquiétudes soulevées par les groupes environnementaux lors des consultations publiques sur le Livre vert ont été complètement écartées dans la synthèse effectuée par Québec. «Pourtant, plusieurs organismes avaient publiquement décrié le manque de vision du gouvernement sur le dossier des aires protégées et les dangers potentiels associés à une sylviculture intensive mal encadrée. Il s’agit d’un très mauvais présage pour l’élaboration d’une politique qui orientera l’avenir de nos forêts. Nous sommes en droit d’espérer pour le 21ième siècle une vision multi-usage du territoire», estime Patrick Nadeau, responsable du dossier foresterie à la SNAP-Québec.

Stratégie d’évitement


Québec est très peu bavard au sujet des modalités qui viendraient encadrer l’aménagement forestier et des mesures qui seraient prises pour assurer le maintien de la biodiversité et des écosystèmes. Par exemple, on ne retrouve aucune précision sur la transition vers l’aménagement écosystémique, pourtant une recommandation clée du rapport Coulombe et prôné par les organismes en environnement. La SNAP croit que Québec aurait dû détailler davantage de telles mesures dans l’actuel document, au lieu de promettre l’encadrement plus complet de ces mesures dans la publication future, quoique incertaine, d’une «stratégie d’aménagement durable des forêts». «Cette approche est bien loin d’un aménagement durable des forêts. On ne peut reléguer la conservation de la diversité biologique, le maintien des fonctions des écosystèmes, et l’aménagement écosystémique à une stratégie quelconque sans en traiter concrètement dans un éventuel projet de loi. Ces objectifs doivent être au coeur même du nouveau régime forestier », affirme Patrick Nadeau. D’autant plus que le document laisse entendre que la stratégie ne pourrait être publiée qu’après l’adoption du nouveau projet de loi, et ce possiblement sans bénéficier de consultations publiques.

La SNAP estime donc qu’il reste un énorme travail de réflexion à faire de la part du gouvernement et s’assurera à ce qu’il soit fait. La refonte du régime forestier actuel ne peut se faire sans l’aval du mouvement environnemental qui représente les inquiétudes d’une grande majorité de la population. Faire fi des recommandations des groupes environnementaux nous ramène vers une nouvelle erreur boréale, un climat d’incertitude pour les marchés et une insatisfaction populaire pour les années à venir.

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Pour information :

Sophie Paradis
Coordonnatrice aux communications
SNAP Québec
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